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L’au-delà selon Stephen King

 

Thème : Biographie de Stephen King

Résumé L’au-delà selon Stephen King

J’ai trouvé très beau cet article sur Stephen King et Histoire de Lisey. Merci CÉCILE LECOULTRE (stephenking999 webmaster)

Lien vers le livre

L'au-delà selon Stephen KingS’il affirme qu ’Histoire de Lisey ne conte pas sa propre histoire, ce portrait de la veuve d’un écrivain célèbre est hanté par les vibrations les plus intimes et veiné d’une infinie tendresse. Le maître de l’horreur ? Un époux tout doux

En 1999, Stephen King manque de mourir, renversé par un camion. La faucheuse le guette encore quand deux ans plus tard, l’écrivain est frappé par une grave pneumonie, suite insoupçonnée de l’accident. Quand il rentre enfin chez lui , dans le Maine, son épouse lui déconseille d’aller dans son bureau. La pièce est en cours de réfection. Stephen King s’y rend quand même, découvre les tapis roulés contre un mur, les étagères vides, les caisses en carton remplies de ses livres et ses papiers. Aussitôt, il comprend que cette vision pourrait exactement refléter ce qu’aurait été son bureau… s’il était mort. Le concept d’Histoire de Lisey était né. Dédié à sa compagne, Tabby, l’ouvrage se lit comme une sublime lettre d’amour. Une première pour Stephen King !

Lors d’une lecture à New York, en compagnie de J.?K.?Rowling et de John Irving, Stephen King déclarait sans forfanterie : « Je ne dis pas qu’Histoire de Lisey relève de la prose immortelle, ou qu’il s’agit d’un classique, mais je dis que je suis surpris d’avoir eu ce livre en moi. C’est un livre chanceux. » Et même heureux, tant il révèle avec éclat un océan d’émotions. Lisey a perdu son mari depuis deux ans, un homme encensé pour son génie littéraire. Entre autres récompenses, Scott Landon a obtenu le Prix Pulitzer – un honneur qui selon King, devrait définitivement dissiper toute ambiguïté autobiographique. King peut bien avoir vendu 300 millions de livres autour du globe, le populaire romancier a été méprisé durablement par l’intelligentsia et en a même, un temps, conçu un complexe d’infériorité. D’où l’ironie de parer son héros de lauriers aussi conséquents…

Mais contrairement à The Shining ou à Misery, la figure de l’écrivain n’accapare pas la narration. C’est littéralement l’Histoire de Lisey, un hommage à ces alliées précieuses toujours rejetées dans l’ombre de la gloire. Encore endeuillée, la douce sexagénaire est harcelée par des vautours universitaires qui cherchent à récupérer des textes inachevés, par un fan aussi, psychopathe de surcroît. Entre une sœur jalouse et une autre névrosée, Lisey assume cahin-caha le quotidien. Surtout, donnant raison au poète René Char, pour qui la mort « n’est pas le silence », la veuve converse toujours avec son époux défunt. « Voyage de mille miles commence par seul petit pas, Lisey-san » lui murmure-t-il. Vingt-cinq années de mariage ont développé entre ces deux-là un écosystème où ils communiquent par télépathie.

« Cigarette-moi »
Scott avait partagé les terribles secrets d’une enfance sordide jusqu’à l’indicible, son père ayant sacrifié son frère par un coup de folie purificatrice. De quoi forger une solide complicité. Au-delà de la séparation, le couple se reforme au pays de la mémoire. Jadis, Scott et sa « Babylove » avaient imaginé des codes de langage, comme « Cigarette-moi », « Tout idem » ou « Il est temps d’arrimer le barda ». A la fin de l’ouvrage, Nadine Gassie, la traductrice, avoue d’ailleurs « avoir failli se noyer dans la vach’tement hhhhénaurme mare-des-mots » de King et avoir chiné des équivalences chez Queneau, San-Antonio, Gainsbourg ou Bobby Lapointe...

L’auteur confesse, lui, avoir attrapé nombre de « poissons » dans la grande mare des auteurs, Don DeLillo, Michael Connelly, William Shakespeare et autres. Il crée surtout sa propre mythologie. Il y a ces « Nars » qui annoncent souvent le pire, se transforme en « Nar de sang » ou « Traque-Nar ». « Un livre est un traque-narre, avec deux r et un e. » Sa mare magique luit à Na’ya Lune, une zone intermédiaire qui cicatrise les blessures le jour mais se révèle nocive la nuit. C’est aussi la matrice de toutes les créations, le lieu où déposer ses chagrins et ses bonheurs. Pour survivre à Scott, Lisey doit forcément y retourner, y affronter ses fantômes. Et s’ils se montrent aussi coriaces que Cujo le chien tueur, Carrie la collégienne torturée, ou Christine la Plymouth folle furieuse, ils doivent s’accommoder d’une évidence. A 60 ans, marié depuis plus de trois décennies, Stephen King est toujours amoureux.

(Source 24heures )

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