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L’interview de Marie Pascale Osterrieth et Michèle Bernier pour la pièce Dolores Claiborne

Vendredi 08 septembre 2006 à 18h00

Exclusivité du site stephenking999.com

Nous avons été reçu, Tony Best et moi, par Michèle Bernier et Marie Pascale Osterrieth pour la pièce Dolorès Claiborne de Stephen King qui est l’évènement théatral de la rentrée.

 

Interview exclusive du metteur en scène et de l’actrice principale de la pièce de Dolorès Claiborne pour le site http://www.stephenking999.com

MICHÈLE BERNIER
MARIE PASCALE OSTERRIETH
Tony Best
Stephenking999
Affiche de la pièce


 « Je vais vous faire une petite description des lieux.
Tout d’abord j’aimerai dire que ce théâtre est magnifique. L’entrée est moquettée de rouge, il y a des costumes de Sacha Guitry et la lumière avec de vieux lustres est somptueuse. Nous avons attendu quelques minutes, l’attaché de presse très gentille, nous a même servi du coca.
Et puis, est arrivée Michèle Bernier en tenue de scène.

Alors là, les cocos, ça a jeté dans la simplicité. Elle avait ce tablier que l’on voit sur l’affiche, les cheveux en bazar et le visage marqué et fatigué. Pourtant un sourire nous a fait penser que malgré tout nous ne la dérangions pas en pleine séance de costume et de répétition : je dis chapeau la DAME.
Nous l’avons suivi dans de minuscules couloirs, avec des escaliers qui montent, descendent, puis on est arrivé à l’étage où les acteurs et d’autres personnes travaillaient. On est passé devant Serge Riaboukine, impressionnant, il doit faire un magnifique Joe St George.
Et puis on est entré dans la loge. Petite mais agréable, "mon second chez moi" comme a dit Michèle Bernier. Un lit, un coin toilette, puis des objets divers, chaises, cafetière...
Ensuite est arrivée Marie Pascale Osterrieth, que l’on ne connaissait pas, mais qui nous a fait une superbe impression.

Alors a débuté l’interview... » Stephenking999 votre webmaster.


STEPHENKING999 : Merci tout d’abord de nous recevoir. On est très contents. Il s’agit de notre première interview.

MICHÈLE BERNIER : Non, non, mais tout va bien.

TONY BEST : C’est la première fois qu’une pièce est faite à partir d’un roman de Stephen King ?

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Non, il y a déjà eu Misery, ça a été monté à Nice, il y t quatre ou cinq ans, mais ça n’a pas marché.

MICHÈLE BERNIER : Par contre en Angleterre, ça a été un très grand succès.

STEPHENKING999 : Donc vous prenez un risque énorme ?

MARIE PASCALE OSTERRIETH et MICHÈLE BERNIER en chœur : Non, non

MARIE PASCALE OSTERRIETH : On s’était intéressé d’abord à Misery dans un premier temps, mais les droits étaient pris. Puis c’est en cherchant, en contactant les Anglais pour savoir où ça en était et c’est là qu’ils nous ont dit, mais par contre il y a Dolores Claiborne.

STEPHENKING999 : Vous avez un personnage fort. Enorme.

MICHÈLE BERNIER : Exceptionnel.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : C’est un exercice de style extraordinaire de Stephen King. Faire 350 pages en monologue, c’est une sacrée écriture.

TONY BEST à ce moment-là nous raconte que Jessie est le pendant de Dolorès Claiborne, qu’il s’agit d’un monologue d’une femme menottée. MARIE PASCALE OSTERRIETH est très intéressée. Une idée de pièce future ?

STEPHENKING999 : Vous suivez le cheminement du livre ?

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Oui, on fait l’interrogatoire avec Gael Thibaudeau et Dolorès qui est censé se passer dans le présent en 1983 et à chaque fois qu’elle doit raconter quelque chose de précis, elle retourne dans le passé. En fait, les autres personnages se mettent à vivre à ce moment-là. Puis lorsqu’elle a fini d’expliquer elle revient dans le présent. Pour continuer et enchaîner les événements les uns après les autres. Donc cela reste un interrogatoire contrairement au film. Moi, je trouve que l’adaptation qui a été faite par un Anglais est plus proche du roman. Ça ouvre sur un interrogatoire, ça revient régulièrement sur un interrogatoire et ça termine sur un interrogatoire. Et une petite scène, minuscule à la fin.
...Le flic ne quitte jamais la scène...
... Le devant de la scène c’est l’interrogatoire et le fond de scène, c’est les flash-back.

STEPHENKING999 : Donc vous, ( à Michèle Bernier) vous êtes devant et vous passez derrière...

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Ce sont des bascules lumières, des éléments de décor qui arrivent...

MICHÈLE BERNIER : Moi, je fais des allers-retours entre le passé et le présent.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : elle est la seule qui ne change pas de costume, car en fait, on est dans sa tête, c’est elle qui raconte tout le temps. Par contre les autres personnages changent de costumes.

STEPHENKING999 : Vous êtes là tout le temps.

MICHÈLE BERNIER : Oui, tout le temps.

SK 999 : Alors vous faites comment ? Le début dans les années 47 et en 1980.

MICHÈLE BERNIER : Tout bouge autour de moi. Le fond, l’arrière, musique, costumes, éclairage...

TONY BEST : La mise en scène est plus fidèle au roman.

STEPHENKING999 : Il y a trois enfants dans le roman, et sur scène.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Il n’y a que la fille. Elle a 14 ans, l’actrice a 24 ans, mais avec les costumes, lumière et sa façon de jouer, elle a ce côté ado.

STEPHENKING999 : Dans le film, le personnage de la fille était une adulte et son rôle était important.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Ils ont sûrement pensé, à juste titre, que pour le caractère émouvant, il valait mieux faire la confession à sa fille qu’à des inconnus.

STEPHENKING999 : Vous avez gardé toutes les scènes émouvantes.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Le roman fait 350 pages nous il en fait 90, donc évidemment il y a des choix faits, comme Véra souillée dans son lit, on a élagué.

STEPHENKING999 : Le personnage du mari est excellent, c’est une horreur même. Et dans la pièce ?

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Il est pas mal non plus.

STEPHENKING999 : Le mari qui frappe sa femme, viole sa fille ...

MICHÈLE BERNIER : Quand on sait maintenant combien de femmes meurt par jour de violence conjugale, on n’a jamais entendu autant d’histoires de pédophilie. Donc, cette pièce est d’archi, d’archi, d’archi d’actualités.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : La force de Stephen King c’est la psychologie des personnages.

TONY BEST : Justement tout le monde s’attache à ses histoires. Ses personnages sont vrais. Il va chercher dans le détail des choses qui nous touchent.

MICHÈLE BERNIER : C’est un grand auteur pour ça.

STEPHENKING999 : Et puis il y a le personnage de Véra.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : La pièce est axée sur trois personnages. Enfin il y a le flic qui n’existe pas dans le roman. C’est une création que l’on a faite, du moins l’adaptateur anglais, au départ ils étaient deux pour l’interroger, mais j’ai dit non ; ne faisons qu’une seule personne. On joue également sur le fait qu’il l’a interrogée vingt ans avant.

STEPHENKING999 : On se doutait aussi.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Oui effectivement, il y a la patronne, le mari et la fille.

STEPHENKING999 : Il y a un banquier aussi. C’est un personnage très beau. On revient dans les années 60 où la femme se présente à la banque et a vidé le compte.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Cela montre le peu d’indépendance financière des femmes à l’époque.

STEPHENKING999 : Il y a une phrase d’enfer.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : « Si c’était moi qui étais venue vous demander l’argent à la place de mon mari, vous auriez appelé mon mari de suite »

STEPHENKING999 : Et j’aimerais savoir comment vous avez fait la scène du puits.

MICHÈLE BERNIER : C’est très compliqué. C’est là qu’il faut appliquer les techniques de théâtre. C’est là qu’intervient l’imagerie des spectateurs, le talent d’un éclairagiste, et d’un décorateur. De voir comment on peut rendre la chose le plus crédible possible.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : C’est surtout faire vivre l’émotion, même si ce n’est pas toujours réel, dès qu’il y a l’émotion. C’est comme la chute de Véra en chaise roulante, il y a beaucoup de choses qui sont de l’ordre de la cascade, et l’on n’a pas de cascadeur. Nous ce qu’on cherche, c’est le choc suffisant pour que les gens aient l’impression de l’avoir vu. Ce que j’aime bien faire, c’est qu’on suggère. Au théâtre, on joue sur la surprise. Au théâtre, les gens font leur cinéma eux-mêmes. Au théâtre c’est l’ambiance que l’on crée et le jeu des comédiens qui entraînent les gens.

STEPHENKING999 : Sacré rôle de comédiens.

MICHÈLE BERNIER : Tous les comédiens sont importants. Chacun apporte quelque chose en plus. Ils ne viennent jamais pour rien, pour appuyer le propos et ils ont toujours quelque chose à défendre. On ne peut jamais dire qu’il y a des personnages secondaires. C’est ça qui fait la montée, au fur et à mesure, ça grimpe, ça grimpe dans l’histoire. Je trouve même que l’adaptation est vachement bien, car elle laisse du suspens. On avance à chaque fois d’un cran, et encore, encore. Et tout le monde se demande, mais qu’est-ce qu’elle a fait, pourquoi elle nous raconte tout ça, pourquoi elle nous parle de l’éclipse, à quoi cela va servir

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Quand j’ai lu le texte, je n’avais ni lu le livre, ni vu le film, j’ai lu la pièce et j’ai été accrochée. Il y avait un suspens psychologique qui m’avait sidérée. Ceux qui ne connaissent pas vont être embarqués dans un truc incroyable.

TONY BEST : Vous pensez que les personnes qui vont voir le nom de Stephen King pensent plus à quelque chose de l’ordre de Carrie, alors que Dolorès Claiborne est une œuvre à part ?

MICHÈLE BERNIER : Stephen King est un auteur populaire, donc ça peut être attirant de savoir ce que l’on peut faire avec du Stephen King.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Et il surprenant également de voir le nombre de gens qui sont afficionados de Dolorès. J’en connais beaucoup. C’est soit on ne connaît pas du tout, soit les gens sont fans.

TONY BEST : On voit sur le site Stephenking999.com que l’œuvre de Stephen King est tellement diversifiée et touche à tellement de genres même à travers un seul thème qui est le fantastique. En fait personne n’aime les mêmes, chacun a son préféré, parce qu’il a réussi à toucher tout le monde sur un point ou un autre à travers toute son œuvre.

STEPHENKING999 : C’est un grand personnage de femme écrit par un homme. On se demande même s’il ne l’a pas rencontrée.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : C’est peut-être sa mère. Il s’en est peut-être inspiré.

TONY BEST : Stephen King est quelqu’un qui prend tout ce qui l’entoure.

STEPHENKING999 : C’est une éponge.

STEPHENKING999 : Vous allez faire une tournée ? Car sur le site, on a beaucoup de gens de toutes les régions et qui ont hâte.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : J’espère bien.

MICHÈLE BERNIER : Et on va promener Dolores dans toute la France, Suisse, Belgique...

STEPHENKING999 et TONY BEST : Et la Corse ?

MICHÈLE BERNIER : Mais la Corse, c’est la France.

MARIE PASCALE OSTERRIETH : En plus, cela devrait plaire aux corses, car cela se passe sur une île.

TONY BEST : Juste pour finir : Vous êtes fans de Stephen King ?

MARIE PASCALE OSTERRIETH : Moi je ne connais pas du tout. C’est le premier roman que j’ai lu de lui. J’ai lu un petit qui a été publié sur Internet.

TONY BEST et STEPHENKING999 : « Riding the bullet », « un tour sur le bolid ». J’ai aussi envie de lire « Jessie »

TONY BEST : La passerelle avec Dolores et l’éclipse.

MICHÈLE BERNIER : Moi, j’étais fan de Misery. J’ai adoré. Shining, etc. On le connaît plus par le cinéma que par le roman. Le fantastique, ce n’est pas trop mon truc. Je préfère les choses plus polar. Je suis un peu dans le terrestre. (Elle rigole de bon cœur)

STEPHENKING999 : Petite question d’une collègue en dehors de la pièce et pour Michèle Bernier. Avez-vous l’intention de refaire de la scène avec Mimie Mathy et...

MICHÈLE BERNIER : Isabelle de Bottom. Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour et je ne dis pas non car on ne sait jamais ce qui peut arriver dans la vie.

TONY BEST et STEPHENKING999 : On souhaite longue vie à Dolores Claiborne.

Merci à Michèle Bernier et Marie Pascale Osterrieth pour leur accueil.

Rendez-vous sur le site http://www.stephenking999.com

pour encore plus d’informations.

 


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  • AVIS (1)

    • commentaire
      1. L’interview de Marie Pascale Osterrieth et Michèle Bernier, 18 septembre 2006, 23:06, par ojo

      Merci, merci, stephenking999, de vous investir autant pour nous !!!
      Très bon interview.
      Je suis ravi de voir que vous avez pris en compte certaines de mes questions. Surtout celle de la tournée en Corse, ça montre que vous m’avez pas oublié, ça fait plaisir.

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